Le breton est classé par l’Unesco comme« langue en très grand danger ».

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La mobilisation pour la sauvegarde des langues s’accroît

6 800 langues sont actuellement répertoriées dans le monde. Les linguistes estiment qu’une langue disparaît toutes les deux semaines. Ce sont ainsi 240 dialectes qui se sont éteints ces dix dernières années, et 3000 autres qui pourraient disparaître au cours du XXIe siècle. Depuis les années 1990, qui marquent la prise de conscience de l’importance de sauvegarder le patrimoine linguistique mondial, différents projets universitaires visant à faire vivre la mémoire des langues ont été lancés partout dans le monde. Selon Rozenn Milin, historienne à l’origine du programme Sorosoro« il est frappant de constater à quel point les cartes de la biodiversité linguistique se superposent à celle de la biodiversité de la faune et de la flore ». Les thématiques de l’environnement et de la sauvegarde de la biodiversité sont ainsi étroitement liées au maintien de la biodiversité linguistique.
Le 27/02/2010, d’après « Le Monde ».

 La diversité linguistique : une hécatombe annoncée

 On estime à environ 6000 le nombre de langues parlées aujourd’hui dans le monde, mais la moitié d’entre elles mourra probablement au cours de ce siècle.Avec ces langues, ce sont des pans entiers des cultures de l’humanité qui risquent de disparaître La diversité linguistique au fil des siècles :

Jusqu’aux grandes conquêtes de la fin du XVème siècle, la planète comptait une diversité linguistique bien plus importante qu’actuellement. Puis les vagues de colonisation et les maux qu’elles ont engendrés (massacres, déportations, maladies etc.), ont amorcé le processus d’appauvrissement culturel et linguistique.

Au cours des trois derniers siècles, des centaines de langues ont ainsi disparu de la surface du globe, mais c’est au XXème siècle que les choses se sont précipitées, et on s’attend à ce que le XXIème siècle soit le théâtre d’une hécatombe sans retour.

Aujourd’hui, la situation est réellement dramatique, et quelques chiffres clé permettent de prendre la mesure de l’urgence:

• 500 langues sont parlées par moins de 100 locuteurs ;

• 96% des langues ne sont parlées que par 4 % de la population mondiale ;

• plus de 90 % des contenus d’Internet sont rédigés en seulement 12 langues ;

• d’après l’Unesco, une langue meurt en moyenne tous les quinze jours ;

• selon les scientifiques, 50 à 90 % des langues existantes pourraient ainsi mourir au cours de ce siècle.

Répartition actuelle des langues dans le monde:

Près de la moitié des 6000 langues encore parlées dans le monde est concentrée dans 6 Etats, qui comptabilisent chacun plus de 200 langues :

• Papouasie Nouvelle-Guinée : environ 820

• Indonésie : environ 700

• Nigéria : environ 510

• Inde : environ 400

• Cameroun : environ 280

• République du Congo : environ 215

Viennent ensuite 11 pays comptant entre100 et 200 langues : l’Australie, la Chine, les Etats-Unis, le Brésil, le Tchad, les Philippines, le Soudan, la Tanzanie, la Malaisie, le Népal et le Vanuatu.

• Papouasie Nouvelle-Guinée : c’est l’endroit du monde le plus riche en langues, mais c’est aussi celui où les risques d’extinction sont les plus élevés : sur les 820 langues parlées, 130 le sont par moins de 200 personnes, 290 par moins de 1000 personnes, et beaucoup de celles qui sont parlées par plus de 1000 personnes ne sont connues que des adultes.

• Australie : il reste aujourd’hui environ 200 langues aborigènes en Australie, dont 150 sont moribondes, et seulement 5 à 10 sont parlées par plus de 1000 personnes.

• Indonésie : sur les 700 langues d’Indonésie, 52 ont moins de 200 locuteurs, 121 en ont de 200 à 1000, et 200 en comptent de 1000 à 10000.

• Amérique Latine : l’hécatombe des langues a été considérable après la colonisation du Mexique : 90% de la population indigène a alors disparu.

A l’époque précolombienne, il existait 1200 langues au Brésil. Il en reste aujourd’hui 170, la plupart d’entre elles en voie d’extinction. Près de la moitié de ces langues, situées dans des régions peu accessibles, n’ont pas encore été étudiées.

En Uruguay, la population indienne a entièrement disparu et aucune langue indienne indigène ne subsiste.

• Amérique du Nord : on y comptait environ 600 ou 700 langues avant l’arrivée des Européens. Au milieu du XXème siècle, il n’en restait plus que 213. Avec la généralisation de l’anglais comme langue de communication globale, ce chiffre n’a cessé de chuter depuis 50 ans et une seule de ces langues est aujourd’hui considérée comme n’étant pas menacée : le kalaallisut (langue inuit, de la famille des langues eskimo-aléoutes) au Groënland.

• Afrique : l’Afrique compte aujourd’hui environ 2000 langues, soit environ un tiers des langues du monde. Au moins 200 d’entre elles sont en train de mourir.

Europe : la seule famille de langues en danger en Europe est la famille des langues celtiques (irlandais, écossais, gallois, cornique et breton), à laquelle s’ajoute la langue basque, qui n’appartient à aucune famille répertoriée.

Jusqu’en 1826, le breton était parlé par plus d’un million de personnes. Aujourd’hui il en reste 200000 et la plupart a plus de 60 ans.

Le breton est classé par l’Unesco comme« langue en très grand danger ».